Kunst

Botticelli forever : Vénus et sa descendance

Sandro Botticelli est l’un des artistes phare de la Renaissance.


Comme pratiquement aucun autre, le maître florentin aura inspiré la peinture moderne et contemporaine. Dans une prestigieuse exposition, la Gemäldegalerie de Berlin présente des icônes de l’histoire de l’art en interrogeant le lien qu’elles entretiennent avec Boticelli.
Devant elle, tout le monde s’incline : Vénus, la femme la plus renversante de toute l’histoire de l’art, née de l’écume, évanescente, suave, inaccessible. Pas une vamp de la Renaissance. Une beauté élégante avec un brin de sexappeal, toute en subtilité.

C’est Sandro Botticelli qui lui a donné ses formes, il y a plus de 500 ans. Aujourd’hui encore, cette Vénus reste le symbole de la beauté, de la féminité et de l’amour. Une création de la culture européenne du meilleur cru. Personne ne saurait résister à sa beauté. Cette femme nue à la chevelure ondoyante et au regard ingénu n’a cessé d’influencer les artistes de l’époque moderne.

Des générations de peintres, de photographes et de sculpteurs l’ont étudiée, l’ont admirée, l’ont recopiée sans cesse, l’ont cassée en morceaux et l’ont reconstituée, l’ont recréée. Vénus est renée tant de fois. Dans des œuvres signées par les plus grands, comme Andy Warhol, Robert Rauschenberg, Cindy Sherman, Rineke Dijkstra, David La Chapelle, Jeff Koons, Raoul Dufy...
La Renaissance de Botticellli, tel est le titre de la pompeuse exposition dans la Berliner Gemäldegalerie. Une étude de Botticelli, des multiples renaissances de son art. Son iconographie continue d’influencer la mode, l’art et la publicité. Botticelli est une marque.


150 œuvres sont exposées, dont 40 originaux du maître, ou des œuvres qui lui sont attribuées, à lui ou à son atelier, et 90 œuvres d’artistes qui se sont inspirés de l’art du maître au fil des siècles, mais avant tout de ses représentations de Vénus.
Tous se sont inclinés devant elle, un seul s’est assoupi à ses pieds : le photographe et vidéaste égyptien Youssef Nabil, dont un autoportrait insolite orne l’exposition berlinoise. Youssef Nabil dort sur un banc devant le grand tableau de Botticelli « La Primavera », avec, en son centre, Vénus. Une reproduction de ce tableau est accrochée dans sa chambre d’enfant au Caire. S’endormir et de réveiller avec Vénus et Flora. Le petit Nabil rêvait de déesses et grâces blondes.

Youssef Nabil, né en 1972 au Caire, vit entre New York et Paris. Ses clichés en noir et blanc colorés à la main sont une métamorphose poétique de l’instant où le souvenir et le présent ne font plus qu’un. Dans son œuvre exposée dans de nombreuses galeries, les cultures orientales et occidentales se mêlent dans des images fascinantes aux multiples facettes.


Metropolis déambule avec Youssef Nabil dans les salles de l’exposition et demande au photographe ce que Sandro Botticelli représente à ses yeux. Comment définit-il la beauté ? Comment parvient-il à allier dans ses photos les deux traditions, celles de l’Orient et de l’Occident ?

 


Par Anke Rebbert

Exposition :
Gemäldegalerie, Kulturforum, Berlin
Du 24 septembre 2015 au 24 janvier 2016