l'objet

l'objet : les toilettes

Karambolage 59 - 25 septembre 2005
Aïe, aïe, aille… Corinne Delvaux est redoutable, aucun tabou ne l’arrête, jusqu’où va-t-elle nous entraîner ?
KARAMBOLAGE été 2016 - toilettes
l'objet : les toilettes Aïe, aïe, aïe… Corinne Delvaux est redoutable, aucun tabou ne l’arrête, jusqu’où va-t-elle nous entraîner ? l'objet : les toilettes

Aujourd’hui, nous allons pénétrer au cœur des entrailles franco-allemandes. Un sujet délicat que nous allons essayer de traiter avec la subtilité qui convient. Bon. Ca se passe là, dans les toilettes. Voici, à gauche, une cuvette française et voici, à droite, une cuvette allemande. Au premier abord, la différence ne s’impose pas. Regardons donc de plus près l’intérieur de la cuvette. La cuvette française a une forme d’entonnoir dont la base est remplie d’eau. Si nous y jetons cette masse à la forme évocatrice, elle tombe dans l’eau, dans le fond de la cuvette. Parfois, entraînée par son poids, elle disparaît complètement.

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Tournons-nous maintenant vers les toilettes allemandes. Vous le voyez, la forme de la cuvette n’est pas la même : une sorte de plateau forme un socle à mi-hauteur. À droite, la cuvette allemande, à gauche, la cuvette française. Vous voyez bien que l’intérieur des deux cuvettes est différent. Précipitons maintenant cette masse dans la cuvette allemande. Que se passe-t-il ? La masse tombe sur le plateau et y reste. Cette différence a quelques incidences. Sur le plan olfactif d’abord : du côté français, l’eau enrobe la masse et limite quelque peu la propagation des odeurs. Du côté allemand, les odeurs ne sont pas emprisonnées par l’eau, elles se répandent allègrement à travers les toilettes, ce qui semble toujours assez désagréable aux narines françaises. Seul l’actionnement de la chasse d’eau viendra chasser cette masse vers les tréfonds.

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Les Allemands, quant à eux, sont contrariés par la forme des toilettes françaises. Nous remercions Mademoiselle Annie de bien vouloir nous aider à illustrer ce petit problème. Voilà… merci Mademoiselle. Bon, c’est qu’en France, on l’a compris, la masse tombe directement dans l’eau. L’eau ne se laisse pas faire et réagit en aspergeant plus ou moins violemment le postérieur, comme on le voit nettement ici. Ceci, on en conviendra, est assez désagréable et de surcroît paraît fort peu hygiénique aux yeux allemands.

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Ces petits inconvénients réciproques semblent toutefois anodins par rapport au débat de fonds qui s’engage parfois sur ce sujet entre Français et Allemands : Les Français se demandent toujours pourquoi les Allemands ont ainsi besoin de voir leur obole quotidienne. Ils disent que les Allemands sont très "anal fixiert", qu’ils sont obsédés par le côté anal. Les Allemands répondent que les Français ont peur de leurs excréments, qu’ils refusent de regarder en face ces parties honteuses de leur métabolisme. Par ailleurs, les Allemands disent que le fait de pouvoir voir ses excréments correspond à une nécessité médicale puisque ça permet de déceler plus rapidement certaines maladies. Bref, il s’agit d’un débat qui n’est pas prêt de s’achever et qui va faire crouler, j’en ai peur, la rédaction de Karambolage sous le courrier.

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Texte : Corinne Delvaux
Image : cd
Avec : Jacques Falgous

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