La fin de l’intellectuel français ?

Avec Gaël Brustier et Shlomo Sand
C'est avec l'affaire Dreyfus que le mot "intellectuel" naît officiellement en France. Depuis, l’intellectuel est assimilé à une sorte de héraut de la République.

Guerre d'Espagne, fascisme, communisme, indépendance des colonies, on n'a cessé d'entendre sa voix. L’intellectuel est-il une singularité française indispensable à notre vie culturelle ? Ce spectateur engagé qui "se mêle de ce qui ne le regarde pas", selon Sartre, tend-il aujourd'hui à disparaître ? L'arrivée de la gauche au pouvoir a mis à mal la culture d'opposition. Le débat médiatique organisé par des journalistes a-t-il sonné le glas des intellectuels ? Les journaux et la télévision orchestrent des combats de coqs commentés sans fin par leurs protagonistes. Et Internet prend le relais via des discussions à l’échelle planétaire en moquant son prestige local. 

Les invités :

Shlomo Sand : célèbre pour la polémique qu'il suscita il y a huit ans avec son livre "Comment le peuple juif fut inventé", l'historien israélien a décidé aujourd'hui de s'attaquer à ces nouveaux prophètes de l'identité et du racisme. Son dernier essai : "La fin de l'intellectuel français ? De Zola à Houellebecq" pose une question, et recèle une mise en garde.

Face à lui, un autre homme de gauche, car l'intellectuel est une AOC, appellation d'origine contrôlée moquée par la droite, le politiste Gaël Brustier. D'une autre génération, il analyse les choses différemment. Auteur d'un récent "A demain Gramsci", il est attentif aux rassemblements des "Nuit debout".

 

Réalisation : Jean-Bernard Andro - ARTE GEIE / Zadig Productions – France 2016