Dossier métropole

Saint-Sébastien

La ville aux deux visages
Metropolenreport San Sebastián
Dossier métropole : Saint-Sébastien Saint-Sébastien : après des décennies de terrorisme, c’est un lieu dont l’Europe peut apprendre bien des choses en matière de paix et de réconciliation. Dossier métropole : Saint-Sébastien

Dossier métropole : Saint-Sébastien

Saint-Sébastien : après des décennies de terrorisme, c’est un lieu dont l’Europe peut apprendre bien des choses en matière de paix et de réconciliation.

Saint-Sébastien – Capitale européenne de la culture 2016

La métropole basque dans le golfe de Gascogne fait partie des deux villes promues cette année capitales européennes de la culture. Après des décennies de terrorisme, c’est un lieu dont l’Europe peut apprendre bien des choses en matière de paix et de réconciliation. Et il y a bien sûr aussi l’art de vivre. Culinaire et esthétique. Grande ville balnéaire prisée l’été, Saint-Sébastien sur la côte cantabrique a des airs de Nice sur l’Atlantique, avec sa baie d’un blanc éclatant que les Espagnols appellent La Concha, le coquillage. Dans cette ville, gastronomie et culture se confondent. Avec pas moins de trois établissements trois étoiles et son art de la bouche qui se décline au quotidien, Saint-Sébastien est une destination de choix pour les gourmets du monde entier. La vieille ville à l’atmosphère conviviale est un véritable eldorado pour les foodies et les fêtards. 

Mais Saint-Sébastien incarne aussi la victoire de l’esprit démocratique sur la suspicion, la violence et le fanatisme. En novembre, l’organisation séparatiste basque ETA, dont les origines remontent aux années de résistance à la dictature de Franco, a dû se rendre à l’évidence : elle avait perdu tout soutien dans la population. Aucune autre ville espagnole n’a été autant frappée par l’ETA, déclare le maire, et nulle part ailleurs les blessures ne sont si profondes et les cicatrices si douloureuses. Pendant des décennies, l’ETA a ravagé le pays, assassinant plus de 800 personnes – à commencer par tous ceux qui œuvraient pour la paix et la réconciliation. Malgré tout, la coexistence pacifique de tous, « Convivencia y paz », est la devise retenue par Saint-Sébastien pour les manifestations de 2016. Partout ailleurs, on pourrait croire à un vœu pieux, mais à Saint-Sébastien, ce slogan vise à surmonter un traumatisme, à concrétiser un rêve. METROPOLIS s’entretient avec Pablo Berástegui, le directeur général de Donostia/San Sebastian 2016. A l’heure où l’Europe est en proie au terrorisme, Metropolis se devait de visiter cette ville qui a tourné le dos à la violence.

Rencontre avec une femme qui a mis sa vie au service de la réconciliation : Maixabel Lasa. Son époux, l’ex-gouverneur Juan Mari Jaúregui, a été assassiné par l’ETA en 2000. Maixabel a longtemps présidé une association de victimes et elle est même allée voir les assassins de son mari en prison.

Negociador (2014), le film du jeune réalisateur basque Borja Cobeaga est consacré à l’ETA, cette organisation qui, des décennies durant, a divisé les esprits dans sa région natale. METROPOLIS lui rend visite alors qu’il s’apprête à débuter le tournage de son nouveau film. Rencontre également avec la jeune photographe de renommée internationale Isabel Azkarate. C’est en sa compagnie que nous arpentons  Donostia, le nom basque de Saint-Sébastien et découvrons son atelier. Egalement au programme, le Tabakalera, musée d’art contemporain tout juste achevé, sorte de pendant au Guggenheim de Bilbao, et une visite auprès du peintre Eduardo Chillida Belzunce, fils du célèbre sculpteur Eduardo Chillida.

 

par Brigitte Kleine