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Biennale d’Istanbul 2015 : Art et terrorisme

« Eau salée », tout simplement : tel est le slogan de la biennale artistique d’Istanbul 2015.
ACTU: Istanbul-Biennale 2015 - Kunst in Zeiten des Terrors
ACTU: La Biennale d'Istanbul 2015 ACTU: La Biennale d'Istanbul 2015 ACTU: La Biennale d'Istanbul  2015

ACTU: La Biennale d'Istanbul 2015

« Saltwater: a Theory of Thought Forms », tel est le titre de l’édition 2015 de la manifestation. Pourquoi l’eau salée ? D’une part, car Istanbul en est entourée, de l’autre parce qu’elle est présente dans la sueur et les larmes. Depuis sa création en 1987, la Biennale d’Istanbul est régulièrement saluée pour ses expositions.

Il y a deux ans toutefois, aux lendemain des protestations suscitées par le projet de raser le parc Gezi, elle a été mise à mal par les restrictions imposées par les autorités turques, mais aussi par les manifestants qui critiquaient le caractère commercial de cette grand messe de l’art. Cette année, les réfugiés, les Kurdes, l’Etat islamique et la politique de confrontation du président Erdogan placent une fois encore la Turquie sur le devant de la scène. 

Sans compter les menaces d’attentats, qui font de la visite à la Biennale un acte risqué. 

Carolyn Christov-Bakargiev, commissaire de la manifestation, a été notament directrice artistique de la Documenta. A Istanbul, elle a coopéré avec 80 artistes et présente 1500 œuvres d’art réparties sur 35 sites des plus divers : des logements vides, des écoles grècques, des centres culturels, et même le fond de la mer et des îles. Une chose est sûre : l’eau, les vagues, la poésie et les bouleversements politiques seront au rendez-vous ! 

Sur l’archipel des îles des Princes, une installation du Sud-africain William Kentridge rend hommage à Léon Trotzki. Tout près, sur la plage, l’Argentin Adrian Villar Rojas a créé une horde d’animaux exotiques sortant de la mer. 

Cette démarche poétique suscite des associations d’idées, renvoie à la situation politique et aux photos des réfugiés affluant par la mer. Et soulève la question de savoir ce qu’une biennale artistique peut et doit proposer à une époque marquée par le terrorisme. Celle d’Istanbul est-elle suffisamment audacieuse ? 
Metropolis pose la question au peintre et militant Bedri Baykam. Le président de l’association des artistes turcs a étudié à la Sorbonne et vécu en Californie, avant de retourner à Istanbul en 1987. Il a été l’une des figures de proue du mouvement de protestation contre la suppression du parc Gezi, ce qui en a fait un ennemi de l’Etat turc. 


Metropolis rend compte d’une biennale sous haute surveillance, dans un pays où le président considère les artistes non comme la crème, mais comme la lie du pays.

 

par Stefanie Appel

Bonus:  Interview de la Directrice de la Biennale d'Istanbul Carolyn Christov-Bakargiev (en anglais) :

Istanbul-Biennale-Chefin Carolyn Christov-Bakargiev
Istanbul-Biennale-Directrice Carolyn Christov-Bakargiev Istanbul-Biennale-Directrice Carolyn Christov-Bakargiev Istanbul-Biennale-Directrice Carolyn Christov-Bakargiev