la langue

la langue : les nasales

Karambolage 246 - 16 octobre 2011
Elsa Clairon s’attaque aujourd’hui à un gros morceau : aider nos amis allemands à prononcer nos nasales, vous savez : an, on, in, un…
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Bon, vous le savez, chaque langue a ses particularités et la langue française donne, avec ses voyelles nasales, souvent bien du fil à retordre aux Allemands dont la langue ne connaît pas cette spécificité. Alors, il y a quatre voyelles nasales. Oui, quatre, je dis cela car les Français n’en connaissent la plupart du temps que trois : "on", "en" ou "an", "in". Et oui, ils sont peu nombreux, mes compatriotes, à prononcer correctement la quatrième : "un". Je répète : "un". Vous entendez que c’est différent du "in". "un", "in". Hélas, son emploi se perd, car la plupart des gens n’entendent même plus la différence. Quel dommage ! Les nasales françaises s’écrivent, vous l’avez vu, avec la voyelle suivie d’un "u" ou plus rarement d’un "m". Mais le français n’est pas la seule langue à posséder des voyelles nasales. Exemple : le portugais qui surmonte ces voyelles-là d’un tilde ou le polonais qui rajoute une sorte de cédille, l’"ogonek", sous la voyelle.

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Alors, pourquoi les appelle-t-on les voyelles nasales ? Eh bien, vous allez comprendre en vous livrant avec moi à un petit exercice : Prenons la voyelle "o". Que faisons-nous en disant "o" ? Nous arrondissons les lèvres, la bouche presque fermée, "o". Mettez la main devant la bouche, tout l’air sort par la bouche, "o". Maintenant, essayons la nasale "on". Que se passe-t-il ? "on". Il se passe quelque chose dans le fond de la bouche : la langue se recule et le voile du palais, le velum, s’abaisse, ce qui fait passer une partie de l’air par le nez, tandis que le reste continue de passer par la bouche. Mettez un doigt sous les narines, comme ça et vous devez sentir l’air sur le doigt. "on", encore, "on", vous sentez ? Voilà pourquoi on appelle "on" une voyelle nasale.

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Eh bien, il en va de même avec "a", lèvres légèrement arrondies, bouche bien ouverte, et "an", où, vous le sentez là aussi, le voile du palais s’abaisse et chasse une partie de l’air vers le nez. "an". Même mouvement entre "i" et "in". Lèvres tirées, bouche presque fermée, langue en avant pour l’un comme pour l’autre mais le voile du palais qui s’abaisse quand on passe à la nasale. Et dans le son "un", on sent aussi qu’il se passe quelque chose dans le fond de la cavité buccale pour dévier l’air vers le nez. "un".

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Bon, voilà, vous savez tout ! Maintenant, il vous reste à vous entraîner.

Texte : Elsa Clairon
Image : Sabine Allard