Urbanisme

SolaRoad : 14 000km de routes pour exploiter l'énergie solaire

Émission du 19 septembre 2015
Pourquoi se contenter d’installer des panneaux solaires sur les toits, alors qu’il existe aux Pays-Bas 140 000 kilomètres de route qui pourraient être mis au profit de la production électrique ? Voilà ce que s’est dit la société SolaRoad. Elle a mis au point un concept de routes, à la fois voie de communication et producteur d’énergie.

À Krommenie près d’Amsterdam, les adeptes de la petite reine ont droit à une piste cyclable pas comme les autres. Des panneaux photovoltaïques ont été installés sous le revêtement de cette portion longue de 70 mètres. Et ils ont fait leurs preuves : depuis octobre 2014, la première piste cyclable solaire au monde a déjà fourni 5 500 kilowatts/heure.

« Nous pensons qu’avec l’énergie produite en un an, il sera possible d’alimenter deux à trois foyers en électricité. Ces prévisions dépassent toutes nos attentes », explique Sten de Wit, porte-parole de Solaroad.

Très bien, mais quid du fonctionnement ? La piste cyclable de Krommenie est un tronçon test constitué de modules en béton. D’une épaisseur d’un centimètre, la première couche de la chaussée est en verre de sécurité et a été traitée pour éviter les dérapages. Viennent ensuite des éléments rectangulaires en béton de 2,5 à 3,5 mètres qui accueillent les modules solaires en silicium.

Une seconde chaussée permet d’effectuer des comparaisons et de tester différents types de revêtements. Exposé au soleil, à la pluie, à la neige, au verglas ou à un trafic dense, le matériau utilisé doit être résistant. Et ce n’est pas tout, il doit être translucide, sans pour autant éblouir les cyclistes ! En cas d’impact, le verre de sécurité ne vole pas en éclats et ne risque pas de provoquer de  blessures. « Rien n’est plus important que la sécurité des quelques 2 000 cyclistes qui empruntent chaque jour la SolarRoad », rappelle Sten de Wit.

Fin 2014, une partie du revêtement s’est pourtant détachée du fait des fortes amplitudes thermiques. Les Néerlandais planchent actuellement sur les 20 prochains mètres de la piste cyclable solaire de Krommenie. La mise en service est prévue pour la fin de l’année.

Alors, pourquoi ne pas intégrer des panneaux photovoltaïques aux routes destinées au trafic automobile ? Dans un avenir proche, cette solution permettrait de fournir l’électricité nécessaire aux maisons d’habitation et à l’éclairage public. Et qui sait, peut-être qu’un jour, les routes solaires produiront suffisamment d’énergie pour alimenter les véhicules électriques et permettre aux poids-lourds de recharger leurs batteries en route ?

Par Kerstin Acker