Santé

Les vêtements anti-UV, comment ça marche ?

Émission du 14 mai 2016
Selon l’OMS, 132 000 mélanomes sont enregistrés chaque année dans le monde. La plupart d’entre eux sont causés par une surexposition aux rayons ultraviolets (UV). Pour mieux s’en protéger et réduire les risques, certains fabricants ont mis au point des vêtements anti-UV, mais comment fonctionnent-ils ? FUTUREMAG vous explique tout.

Deux tiers des mélanomes sont dus à une exposition prolongée aux rayons UV sans protection. Alors, comment s’exposer sans se mettre en danger ? Si certains préconisent de couvrir chaque partie de son corps par un vêtement, la technique est loin d’être suffisante car la plupart des tissus ne filtre pas les rayons... à moins qu’ils soient anti-UV.

Vêtements anti-UV : des tissus aux fibres resserrées

Comme leur nom l’indique, les tissus anti-UV filtrent les rayons ultraviolets qui émanent du soleil et peuvent agresser la peau. Oui mais comment ? C’est au moment de la fabrication du vêtement que tout se joue. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), pour être considéré anti-UV, un vêtement doit être composé de fibres fortement resserrées (ou tricotées), de couleur foncée de préférence, afin de constituer un tissu opaque et lourd et ainsi, apporter une protection efficace.

Afin d’améliorer son efficacité et faire de ce vêtement une véritable armure anti-UV, la marque Columbia a même ajouté aux tissus des additifs absorbeurs d’UV, comme le Tinosorb, filtre solaire utilisé dans la confection de crèmes de protection.

Le fabricant est allé encore plus loin en ajoutant de minuscules morceaux de silice pour renvoyer les rayons, telle une boule à facettes. De quoi garantir un bon indice Ultraviolet Protection Factor (UPF), qui juge de l’efficacité anti-UV des vêtements.

Comment détermine-t-on l’efficacité d’un vêtement face aux UV ?

Créé par l’American Society for Testing and Materials (ASTM), l’UPF permet de déterminer la proportion des rayons UV stoppée par un vêtement : si l’UPF est situé entre 0 et 15, le vêtement ne peut pas être considéré comme anti-UV. Un UPF situé entre 15 et 24  filtre entre 93.3 % et 95.9 % des UV. De la même manière, un UFP entre 25 et 39 filtre entre 96 % et 97.4% des rayons et enfin, un UPF entre 40 et 50 possède 97.5 % à 98 % d’efficacité.

Selon la Skin Cancer Foundation, un t-shirt blanc en coton possède un UPF d’environ 4. En revanche, un vêtement anti-UV fait à base de Lycra ou d’élasthanne obtiendra un UPF situé entre 40 et 50, voire plus, en fonction de sa couleur. Une innovation prometteuse donc, mais dont ne peuvent se contenter les personnes à la peau particulièrement sensible ou les enfants.

Les vêtements anti-UV ne remplacent pas la crème solaire !

"Les vêtements anti-UV sont efficaces, mais ils n’arrêtent pas tous les rayons"
Valérie Callot - Dermatologue

« Les vêtements anti-UV sont efficaces, mais ils n’arrêtent pas tous les rayons (2% passent tout de même, ndlr) », prévient Valérie Callot, dermatologue à Paris et ancienne chef de clinique à l’Hôpital Broussais. “Concernant le mélanome, les études scientifiques prouvent qu’ils ne doivent en rien remplacer les mesures de prévention ordinaires”. Car malgré leurs fibres resserrées, “il n’a pas encore été prouvé scientifiquement que les vêtements anti-UV soient une barrière infranchissable.”

Verdict ? S’ils apparaissent comme une solution complémentaire intéressante, les vêtements anti-UV ne remplacent pas une hydratation régulière ni l’application régulière d’une bonne crème solaire chez les plus vulnérables. Et Valérie Callot de conclure “Il reste également déconseillé à chacun de s’exposer au soleil entre 12h et 16h”. À bon entendeur…


 

Par Mehdi Karam