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Courses de drones : le FPV Racing, entre réalité virtuelle et aéromodélisme

Émission du 4 juin 2016
Les drones ne cessent de nous surprendre. Dans le domaine de la santé d’abord, certains sont capables de transporter des défibrillateurs. En matière de culture, ils intègrent des compagnies de danse et composent des ballets. Désormais, c’est dans le sport que ces petits engins volants font des prouesses, plus précisément dans les courses. Mais en quoi consiste le FPV Racing, cette nouvelle discipline qui fascine ses spectateurs ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, lors d’une course de drone, les pilotes ne voient pas l’objet qu’ils dirigent, ils l’incarnent. Il s’agit donc d’une course FPV Racing : “First Person View” en anglais signifie littéralement “vue à la première personne”. Ce terme n’est pas sans en rappeler un autre, issu du milieu du jeu vidéo : les “First Person Shooter”,  jeux de tir où l’on voit à travers les yeux du personnage que l’on incarne.

Chacun des pilotes dispose donc d’une paire de lunettes spéciales, qui retransmet en temps réel ce que voit l’engin. Ainsi, le pilote devient drone et peut orienter l’appareil comme s’il était à bord.

Des drones spécialement conçus pour la course

Cette immersion n’est possible qu’avec des modèles de drones spécialement conçus pour la course : composés de matériaux composites extrêmement légers comme le carbone, ils sont dotés de moteurs superpuissants qui peuvent propulser le drone jusqu’à 130 km/h, d’une batterie capable de libérer des décharges fortes et rapides et d’un contrôleur de vol qui permet à l’appareil de virevolter.

Pour donner l’impression de se retrouver “dans” l’appareil, une caméra est installée à l’avant du quadricoptère. Elle retransmet un flux vidéo au pilote directement dans ses lunettes équipées de deux écrans - un par œil, à la manière d’un casque de réalité virtuelle. En plus de la piste, le pilote peut aussi visualiser des informations telles que la batterie restante ou le temps de vol accompli. Afin de partager leurs courses aériennes avec leurs communautés, certains d’entre eux installent même une caméra supplémentaire sur leur drone, qui capture des images en haute définition au fur et à mesure de la course.

Mais le FPV Racing ne se cantonne pas aux courses de vitesse du type slalom de ski. D’autres adeptes se dédient au freestyle. Plus esthétique, cette activité consiste à réaliser des figures toujours plus impressionnantes dans les airs. Et les terrains de jeu sont multiples : forêts, parkings ou encore aérodromes font partie des lieux de prédilection.

Un sport émergent en quête de reconnaissance

Si la pratique tend aujourd’hui à se démocratiser à l’échelle mondiale, elle pose encore certains problèmes d’ordre législatif. Comme l’indique Numérama, les premières compétitions en France dépendent de la Fédération Française d’Aéromodélisme, et puisqu’il est interdit de faire voler des drones dans l’espace public en agglomération, c’est en campagne que celles-ci doivent se dérouler, de jour et à vue, précise le site. Autres obligations : les zones doivent être délimitées afin de ne pas prendre le risque que les drones entrent en contact avec des humains. Ils ne doivent pas non plus voler à plus de 150 m d’altitude afin de ne pas perturber le trafic aérien.

À ce jour, trois évènements se disputent la place de plus grand championnat du monde de course de drone : le World Drone Prix qui se tenait à Dubaï en mars dernier, la Drone Racing League qui est un championnat américain dont les différentes étapes se répartissent tout au long de l’année et le Drone Worlds 2016 qui se déroulera du 17 au 22 octobre prochain sur l’île d’Hawaii. Que le meilleur gagne !


Par Kerstin Acker