Santé

5 raisons pour lesquelles vous ne jetterez pas votre placenta

Émission du 18 juin 2016 (rediffusion)
Le placenta, que les Allemands appellent aussi « gâteau maternel » en raison de sa forme et de l’origine latine du mot, est constitué d’une ramification de vaisseaux sanguins intégrés à un tissu légèrement spongieux. C’est un organe multifonction : non content d’approvisionner le fœtus en oxygène et en nourriture, il le protège des menaces extérieures, évacue ses déchets métaboliques et produit des hormones. Mais le miracle du placenta ne s’arrête pas là : après la naissance, il y a encore plus d’un tour dans ce petit sac de vie. FUTUREMAG vous montre comment recycler votre placenta –vous y réfléchirez à deux fois avant de l’abandonner à l’hôpital !

Faites-en... un plat !

Placenta cru, bouilli ou poêlé, lasagnes ou smoothies au placenta, placentacos : ce ne sont pas les recettes de « gâteau maternel » qui manquent. En Chine par exemple, la placentophagie fait depuis longtemps partie du quotidien, et elle trouve de plus en plus d’adeptes en Europe et en Amérique. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, ne l’oublions pas, chaque foyer et chaque pharmacie qui se respectait avait ses réserves de poudre et d’essence de placenta. Le seul terme de « gâteau maternel » reflète aussi bien la fonction nutritive du placenta pour le fœtus que l’utilisation gastronomique qu’on pourra faire de l’organe après la naissance. Nombreuses sont les sages-femmes qui ne jurent que par ses forces régénératrices : selon elles, les mères ingurgitant leur placenta après l’accouchement se sentent plus fortes, résistent mieux au baby blues et ont un lait plus sain. Alors, mesdames : à vos fourneaux !

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Photo: lorenzwalthert (CC BY-SA 2.0)

... de la poudre !

Le tissu fœtal ne peut être conservé très longtemps. Ainsi, pour une utilisation à long terme, mieux vaudra le congeler, le faire sécher, voire le pulvériser. L’opération consiste à laisser le placenta 36 heures au four à 45°C, afin qu’il s’assèche et se durcisse. Ensuite, il suffira d’en rompre un morceau qu’on écrasera en évitant autant que possible tout dégagement de chaleur (ce qui mènerait à la dispersion des nutriments). Dernière étape, déposer la poudre dans un bocal en verre hermétique qu’on stockera dans le frigo. À noter qu’on pourra également en faire des gélules. Posologie : un peu de poudre sur la pointe d’un couteau une fois par semaine – mais attention : qui dépasse la dose s’expose à un accès d’euphorie !

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Photo: Dan Ox (CC BY-SA 2.0)

des pilules !

Les hôpitaux ont longtemps revendu leurs placentas à l’industrie pharmaceutique et cosmétique, qui s’en servait comme matière première – une pratique qui n’a plus cours aujourd’hui, en raison du risque de transmission des maladies infectieuses. Or, ces dernières années, médecins, sages-femmes, naturothérapeutes et jeunes mamans se sont remis à exploiter la force du placenta – notamment pour en faire des pilules homéopathiques. Pour fabriquer une pilule, un petit morceau de votre propre placenta suffira – pas plus gros qu’un petit pois. Il suffit de le mettre dans un flacon d’échantillon et d’envoyer celui-ci au fabricant afin qu’il en tire des pilules individuelles. Ces pilules miracle sont censées amoindrir tous les maux liés à la régulation du métabolisme. Adieu les infections, les allergies et les douleurs menstruelles !

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Photo: Nik (CC BY-NC-SA 2.0)

un joli cadre !

Eh oui, vous avez bien lu : Amanda Cotton, jeune diplômée en design de l’Université de Brighton, propose des cadres-placenta pour vos photos.
Car enfin, pourquoi les parents qui gardent la première dent ou le cordon ombilical de leur enfant n’en feraient-ils pas de même avec le placenta ? Pour fabriquer ses cadres, l’artiste britannique commence par faire sécher le placenta, avant de le concasser et enfin de le mélanger avec de la résine – et hop, le chef-d’œuvre est prêt ! À ne pas oublier, mais cette fois pour accrocher à l’intérieur du cadre : l’imprimé-placenta, dont les ramifications veineuses font penser à de fines branches d’arbre…

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Photograph by Jim Holden, courtesy of The University of Brighton

Et enfin : plantez-le sous un arbre !

Si tout cela vous semble encore trop compliqué, contentez-vous d’aller planter votre placenta sous un arbre : le « gâteau maternel » conserve ses riches nutriments bien après la naissance, il fera un excellent engrais, et votre enfant ira jouer sous un majestueux arbre de vie.

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Photo licence CC0

 

Par Kerstin Acker 
Photo : Cartilaginous metaplasia in placenta par Ed Uthman licence CC BY 2.0