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Syrie : 6 points pour mieux comprendre le conflit

La guerre en Syrie s'est invitée dans l'actualité depuis des mois. Entre les différentes coalitions, la crise des réfugiés et le bilan toujours plus lourd, que se passe-t-il donc dans ce pays depuis 2011 ? 28' vous aide à vous y retrouver.

1. Quelle est l'origine de la guerre ?

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Ci-dessus : manifestants à Deraa, le 23 mars 2011 (Photo AFP).

On peut dater la guerre civile en Syrie du printemps 2011, quand éclatent des manifestations d'opposants au dirigeant Bachar Al-Assad. Ces mouvements, que l'on peut regrouper dans celui, plus vaste, des Printemps arabes, réclament davantage de démocratie. Ils sont réprimés, et un conflit armé s'engage entre les deux camps : les pro-Assad et les rebelles au régime.

Des mouvements islamistes profitent du désordre pour prendre à leur tour les armes et tenter de s'emparer du pouvoir. 

2. Qui combat ?

En Syrie, plusieurs forces s'opposent :

Les pro-Assad, qui défendent donc le régime en place.
Les rebelles, qui souhaitent instaurer un nouveau gouvernement plus démocratique.
Les islamistes, qui cherchent à prendre le pouvoir, sans pour autant être d'accord entre eux. Trois mouvements sont présents : Jabhat al Nosra, Jaish al Fatah et Daech.
Les Kurdes, au nord, qui réclament l'indépendance du Kurdistan.

C'est ce que résume pour 28' Gérard Chaliand, géostratège, spécialiste des conflits.

3 questions à... Gérard Chaliand - 28 Minutes
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3. Quels pays sont impliqués ?

Si certains parlent d'une nouvelle guerre mondiale qui se joue en Syrie, c'est que de nombreux pays y sont engagés, de près ou de loin.

La carte ci-dessous présente les principaux pays impliqués.

Sur la carte ci-dessus, les pays faisant partie de la coalition "occidentale" contre Daech sont en jaune.

Dans cette coalition, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni défendent l'opposition syrienne, se battent contre Daech et souhaitent le départ de Bachar Al-Assad.
La Turquie, qui fait aussi partie de la coalition, partage ces objectifs mais combat également les forces kurdes.
La Russie et l'Iran, eux, combattent l'opposition syrienne et Daech. Mais ils soutiennent Bachar Al-Assad.
Enfin, comme la coalition, l'Arabie saoudite et le Qatar défendent l'opposition syrienne contre Bachar. Mais les deux pays ne participent pas aujourd'hui aux combats contre Daech.

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Ci-dessus : bombardement sur Alep, novembre 2015, photo AFP.

Par ailleurs, l'Arabie saoudite a lancé en décembre 2015 une coalition islamique contre le terrorisme. Elle comprend 34 pays, dont l'Égypte, la Turquie, le Pakistan et le Sénégal, et promet de coordonner des actions contre Daech en Syrie.

4. La situation sur le terrain

Bien que, lors des rencontres de Munich, les pays impliqués dans le conflit ont cherché à établir des cessez-le-feu, sur le terrain la situation demeure toujours hors de contrôle. Le pays est divisé, comme son voisin l'Irak, et la lutte pour la conquête de nouveaux territoires se poursuit.

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Carte AFP datée d'octobre 2015.

5. Quel bilan ?

Les sources sont difficiles à vérifier à cause du manque d’accès au terrain. Cela a donc entraîné depuis janvier 2014, l’arrêt du recensement des victimes par le haut-commissariat de l'ONU pour les Droits de l'Homme. Néanmoins, les chiffres qui suivent proviennent d'une ONG, le Centre syrien pour la recherche politique (SCPR). Ce bilan a été relayé par The Guardian, le quotidien britannique.

6. La crise des réfugiés

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Ci-dessus : un camp à la frontière entre la Syrie et la Turquie. Photo AFP

La guerre syrienne a provoqué un exode massif des populations. Les pays du Proche Orient et l'Europe doivent faire face à l'afflux de 10 millions de Syriens qui fuient la guerre.

Et dans le reste du monde ?

L'Allemagne a accueilli 1,5 millions de réfugiés en 2015 dont la moitié vient de Syrie. Le Danemark et la Suède ont rétabli des contrôles à leurs frontières afin de réguler l'afflux de réfugiés.

Les pays du Golfe, dont le Qatar, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite, le Koweït et Bahreïn, et la Russie, le Japon, Singapour, la Corée du Sud n’ont offert aucune place d'accueil pour les réfugiés syriens.

Aujourd'hui, on estime que 10 millions de Syriens ont été déplacés, ce qui représente 45 % de la population syrienne.

 

Nos sources : AFP, Le Monde, 2 octobre 2015, L'Express, 11 février 2016, The Guardian.